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乐其可知也

时间:2017-12-25 10:30 来源:Aimer爱慕 作者:爱慕先生 点击:

法国诗选 (2010-10-15 16:17:44)

标签: 法语 法国 诗歌 20世纪 瓦雷里 文化 分类: 法语学习、法语文学研究

Apollinaire - Per te praesentit aruspex

O mon très cher amour, toi mon oeuvre et que j'aime,
A jamais j'allumai le feu de ton regard,
Je t'aime comme j'aime une belle oeuvre d'art,
Une noble statue, un magique poème.

Tu seras, mon aimée, un témoin de moi-même.
Je te crée à jamais pour qu'après mon départ,
Tu transmettes mon nom aux hommes en retard
Toi, la vie et l'amour, ma gloire et mon emblême;

Et je suis soucieux de ta grande beauté
Bien plus que tu ne peux toi-même en être fière:
C'est moi qui l'ai conçue et faite toute entière.

Ainsi, belle oeuvre d'art, nos amours ont été
Et seront l'ornement du ciel et de la terre,
O toi, ma créature et ma divinité !

Apollinaire - L'Enfer

Un homme a traversé le désert sans rien boire
Et parvient une nuit sur les bords de la mer
Il a plus soif encore à voir le flot amer
Cet homme est mon désir, la mer est ta victoire.

Tout habillé de bleu quand il a l'âme noire
Au pied d'une potence un beau masque prend l'air
Comme si de l'amour - ce pendu jaune et vert-
Je voulais que brûlât l'horrible main de gloire.

Le pendu, le beau masque et cet homme altéré
Descendent dans l'enfer que je creuse moi-même
Et l'enfer c'est toujours : "Je voudrais qu'elle m'aime."

Et n'aurais-je jamais une chose à mon gré
Sinon l'amour, du moins une mort aussi belle.
Dis-moi, le savais-tu, que mon âme est mortelle ?

Apollinaire - Stavelot

O mon coeur j'ai connu la triste et belle joie
D'être trahi d'amour et de l'aimer encore
O mon coeur mon orgueil je sais je suis le roi
Le roi que n'aime point la belle aux cheveux d'or

Rien n'a dit ma douleur à la belle qui dort
Pour moi je me sens fort mais j'ai pitié de toi
O mon coeur étonné triste jusqu'à la mort
J'ai promené ma rage en les soirs blancs et froids

Je suis un roi qui n'est pas sûr d'avoir du pain
Sans pleurer j'ai vu fuir mes rêves en déroute
Mes rêves aux yeux doux au visage poupin

Pour consoler ma gloire un vent a dit Ecoute
Elève-toi toujours. Ils te montrent la route
Les squelettes de doigts terminant les sapins

Renée Vivien - Les Arbres

Dans l'azur de l'avril, dans le gris de l'automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

Sa grâce a des langueurs de chair qui s'abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s'incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne.

Vêtu de clair de lune et de reflets d'argent,
S'effile le bouleau dont l'ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines.

Les tilleuls ont l'odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.

Paul Valéry - Le Vin perdu

J'ai, quelque jour, dans l'Océan,
(Mais je ne sais plus sous quel cieux)
Jeté, comme offrande au néant,
Tout un peu de vin précieux...

Qui voulut ta perte, ô liqueur ?
J'obéis peut-être au devin ?
Peut-être au souci de mon coeur,
Songeant au sang, versant le vin ?

Sa transparence accoutumée
Après une rose fumée
Reprit aussi pure la mer...

Perdu ce vin, ivres les ondes !...
J'ai vu bondir dans l'air amer
Les figures les plus profondes...

Paul Valéry - Les Grenades

Dures grandes entr'ouvertes
Cédant à l'excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Eclatés de leurs découvertes !

Si les soleils par vous subis,
O grenades entre-bâillées,
Vous ont fait d'orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,

Et que si l'or sec de l'écorce
A la demande d'une force
Crève en gemmes rouges de jus,

Cette lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j'eus
De sa secrète architecture.

Paul Valéry - L'Abeille

Quelle, et si fine, et si mortelle,
Que soit ta pointe, blonde abeille,
Je n'ai, sur ma tendre corbeille,
Jeté qu'un songe de dentelle.

Pique du sein la gourde belle,
Sur qui l'Amour meurt ou sommeille,
Qu'un peu de moi-même vermeille
Vienne … la chair ronde et rebelle !

J'ai grand besoin d'un prompt tourment:
Un mal vif et bien terminé
Vaut mieux qu'un supplice dormant !

Soit donc mon sens illuminé
Par cette infime alerte d'or
Sans qui l'Amour meurt ou s'endort !

Paul Valéry - La Dormeuse

Quels secrets dans son coeur brûle ma jeune amie,
Ame par le doux masque aspirant une fleur ?
De quels vains aliments sa naïve chaleur
Fait ce rayonnement d'une femme endormie ?

Souffle, songes, silence, invincible accalmie,
Tu triomphes, ô paix plus puissante qu'un pleur,
Quand de ce plein sommeil l'onde grave et l'ampleur
Conspirent sur le sein d'une telle ennemie.

Dormeuse, amas doré d'ombres et d'abandons,
Ton repos redoutable est chargé de tels dons,
Ô biche avec langueur longue auprès d'une grappe,

Que malgré l'âme absente, occupée aux enfers,
Ta forme au ventre pur qu'un bras fluide drape,
Veille ; ta forme veille, et mes yeux sont ouverts.

Paul Valéry - Le Sylphe

Ni vu ni connu
Je suis le parfum
Vivant et défunt
Dans le vent venu!

Ni vu ni connu,
Hasard ou génie?
A peine venu
La tâche est finie!

Ni lu ni compris?
Aux meilleurs esprits
Que d'erreurs promises!

Ni vu ni connu,
Le temps d'un sein nu
Entre deux chemises!

Francis Jammes - La gomme coule...

La gomme coule en larmes d'or des cerisiers.
Cette journée, ô ma chérie, est tropicale:
Endors-toi donc dans le parterre où la cigale
Crie aigrement aux coeurs touffus des vieux rosiers.

Dans le salon où l'on causait, hier vous posiez...
Mais aujourd'hui nous sommes seuls - Rose Bengale!
Endormez-vous tout doucement dans la percale
De votre robe, endormez-vous sous mes baisers.

Il fait si chaud que l'on n'entend que les abeilles...
Endors-toi donc, petite mouche au tendre coeur!
Cet autre bruit ?... C'est les ruisseau sous les corbeilles

Des coudriers où dorment les martins-pêcheurs...
Endors-toi donc... Je ne sais plus si c'est ton rire
Ou l'eau qui court sur les cailloux qu'elle fait luire...

Francis Jammes - Bâte un âne...

Bâte un âne qui porte une outre d'eau de roche,
à son flanc, car dans le pays des améthystes
qu'il te faut longuement traverser l'eau n'existe
pas, ni le pain que tu clôras en ta sacoche.

Or c'est à Bassora, dans la boutique, à gauche
de chez Aboul Hassan Ebn Taher le droguiste.
Devant le souk un dromadaire laisse triste-
ment pendre de sa lèvre une espèce de poche.

C'est là que Tristan Klingsor, l'enchanteur, compose
de doux lieds auprès d'un bassin. Et les roses
l'approuvent en penchant la tête, et son rebec

se plaint comme un vent doux et précieux avec
l'inflexion d'une jeune fille qui pose
sa main dessus son coeur pour un salamalec.

Francis Jammes - Pourquoi les boeufs ...

Pourquoi les boeufs traînent-ils les vieux chars pesants ?
Cela fait pitié de voir leur gros front bombé,
leurs yeux qui ont l'air de souffrance de tomber.
Ils font gagner le pain aux pauvres paysans.

S'ils ne peuvent plus marcher, les vétérinaires
les brûlent avec des drogues et des fers rouges.
Et puis dans les champs pleins de coquelicots rouges
les boeufs vont encore herser, racler la terre.

Il y en a qui se casse un pied quelquefois;
alors on tue celui-là pour la boucherie,
pauvre boeuf qui écoutait le grillon qui crie

et qui était obéissant aux rudes voix
des paysans qui hersaient sous le soleil fou,
pauvre boeuf qui allait il ne savait où.

Georges Fourest - Sonnet parodique

Le palais de Gormaz, comte et gobernador,
Est en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre
L'hidalgo dont le sang a rougi la rapière
De Rodrigue appelé le Cid Campeador.

Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre
Chimène, en voiles noirs, s'accoude au mirador
Et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière
Regardent, sans rien voir, mourir le soleil d'or...

Mais un éclair soudain fulgure en sa prunelle:
Sur la place Rodrigue est debout devant elle!
Impassible et hautain, drapé dans sa capa,

Le héros meurtrier à pas lents se promène:
"Dieu !" soupire à part la plaintive Chimène,
"Qu'il est joli garçon l'assassin de Papa!"

Jean Pellerin

Manger le pianiste ? Entrer dans le Pleyel?
Que va faire la dame énorme ? L'on murmure...
Elle racle sa gorge et bombe son armure:
La dame va chanter. Un oeil fixant le ciel

L'autre suit le papier, secours artificiel-
Elle chante. Mais quoi ? Le printemps ? La ramure ?
Ses rancoeurs d'incomprise et de femme trop mûre ?
Qu'importe ! C'est très beau, très long, substantiel.

La note de la fin monte, s'assied, s'impose.
Le buffet se prépare aux assauts de la pause.
"Après, le concerto ?... - Mais oui, deux clavecins".

Des applaudissements à la dame bien sage...
Et l'on n'entendra pas le bruit que font les seins
Clapotant dans la vasque immense du corsage.



Georges Perec - Nos chats

Amants brûlants d'amour, Savants aux pouls glaciaux
Nous aimons tout autant dans nos saisons du jour
Nos chats puissants mais doux, honorant nos tripots
Qui, sans nous, ont trop froid, nonobstant nos amours.

Ami du Gai Savoir, ami du doux plaisir
Un chat va sans un bruit dans un coin tout obscur
Oh Styx, tu l'aurais pris pour ton poulain futur
Si tu avais, Pluton, aux Sclavons pu l'offrir!

Il a, tout vacillant, la station d'un hautain
Mais grand sphinx somnolant au fond du Sahara
Qui paraît s'assoupir dans un oubli sans fin:

Son dos frôlant produit un influx angora
Ainsi qu'un gros diamant pur, l'or surgit, scintillant
Dans son voir nictitant divin, puis triomphant

Georges Perec - Accords

Sois, Cosmos, un palais où un vivant support
A parfois fait sortir un propos tout abscons
Un passant y croisait la Symbolisation
Qui voyait dans un bois un son au fond du cor.

Ainsi qu'un long tambour qui au loin s'y confond
Dans un profond magma obscurci mais global,
Massif où la nuit voit l'attrait d'un abyssal
Jouxtant irisations, parfums corruscants, sons.

Il y a un parfum mimant la chair du faon,
Doux ainsi qu'un hautbois, clair ainsi qu'un gazon
Puis l'air d'un corrompu, d'un pourri triomphant

Ayant l'impulsion d'un tissu d'infin
Ainsi qu'un romarin, un iris, un jasmin
Qui chantait nos transports dans l'Amour ou l'Instinct.

Le fils adoptif du commandant Aupick

Georges Perec - Sois soumis, mon chagrin

Sois soumis, mon chagrin, puis dans ton coin sois sourd.
Tu la voulais la nuit, la voilà, la voici:
Un air tout obscurci a chu sur nos faubourgs,
Ici portant la paix, là-bas donnant souci.

Tandis qu'un vil magma d'humains, oh, trop banals,
Sous l'aiguillon Plaisir, guillotin sans amour,
Va puisant son poison aux puants carnavals,
Mon chagrin, saisis-moi la main; là, pour toujours,

Loin d'ici. Vois s'offrir sur un balcon d'oubli,
Aux habits pourrissants, nos ans qui sont partis;
Surgir du fond marin un guignon souriant;

Apollon moribond s'assoupir sous un arc,
Puis ainsi qu'un drap noir traînant au clair ponant,
Ouïs, Amour, ouïs la Nuit qui sourd du parc.

François Le Lionnais, "Oulipo", Littérature potentielle, Gallimard 1973

L'unique sonnet de treize vers et pourquoi

Les mots nouveaux me donnent de la tablature,
Ils ne figurent pas au Larousse illustré
Et bien souvent je suis quelque peu étonné
Par ceux-ci, dont l'aspect semble contre nature :

Arnalducien, bensilloscope, bergissime,
Blavièrement, braffortomane, duchater,
Lattissoir, lescurophage, queneautiser,
Quevaloïde, schmidtineux, à quoi ça rime ?

Mais il est parmi tous un mot imprononçable,
Sous un parler rugueux son sens est délectable,
C'est le mot : oulichnblkrtssfrllnns.

J'eus tort de faire appel à lui pour un sonnet
Car je ne trouve pas de rime à frllnns.

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